Une sortie de soi à l’intérieur de soi

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C’est PAR LE CHRIST-HOMME qu’on va au Christ-Dieu et c’est parle Christ-Dieu qu’on va au Dieu- Père. Il n’existe pas d’autre accès au Père que le Fils unique : « Nul ne vient au Père sans passer par moi » (Jn 14, 6).

Il s’agit donc à I’interieur du Christ d’al- ler vers le Père. D’où la discrétion du Christ. Sans cesse, il renvoie à un Autre. Humilité du Christ.

Rappelons-nous, au cours de sa vie publique: le jugement? mais ce n’est pas moi qui juge.. . les œuvres que je fais ? mais c’est le Père qui les fait en moi.

Et après la Résurrection: pas d’apo- théose. Au contraire, lors des discours d’adieu, il recommande à ses disciples de ne pas s’attacher à sa forme humaine, c’est-à-dire son apparence objective, afin qu’ils ne confondent pas cette apparen- ce réelle, avec son être propre invisible. Une connaissance selon

la chair, à la manière humaine est desormais périmée avec la sortie du tombeau

Avec Marie Madeleine, encore, au matin de Pâques, le « ne me touche pas » (Jn zo,17) indique bien que le contact limitatif par l’un des sens n’est plus de mise. Jésus souhaite en- traîner cette femme vers un autre niveau de connaissance: la présence ne se réalisera plus par la proximitd sensible, mais par l’Esprit in- visible.

Effacement, discrétion.

A l’Ascension, encore, c’est l’effacement définitif: « Une nuée vint le soustraire aux regards et ils étaient là les yeux fixés au ciel pendant qu’il s’en allait » (Ac 1, IO).

Sur la route d’Emmaüs, encore, le Christ commence par s’effacer car les apôtres ne l’identifient pas avec le voyageur qui chemine avec eux. Puis il s’efface derrière l’événement raconté en cours de route: «quels événe- ments ? » demande-t-il.

Alors il s’efface derrière l’Écriture qu’il leur explique. Arrivé dans le village, il ne leur dit pas: « jai retenu une table à l’auberge pour le souper », mais il fait mine d’aller plus loin. Al- ler plus loin et devenir invisible est une chose

Enfin il s’efface dans l’Eucharistie, signe de sa présence. Par là il veut nous conduire au Père qui est invisible. Humilité du Christ.

Mais cet effacement de soi – chose curieuse – engendre chez les disciples une présence de lui-même de plus en plus certaine. Pourquoi? Parce que désormais il ne sera plus devant eux ni à côtédéux, mais en eux. Le Christ est bien le chemin (Jn 14, s), le chemin de l’extériorité

vers l’intériorité. Saint Paul et saint Jean se sont faits par leurs écrits les grands apôtres, les grands chantres du Christ intérieur.

Nous avons vu le passage du Christ de l’extériorité dans I’in- tériorité. II faut achever notre ré- flexion et voir le Christ de l’inté- riorité nous conduisant à son Père, nous faisant passer en son Père: « Je monte vers mon Dieu, qui est votre Dieu, vers mon Père qui est votre Père ».Pour que le Christ soit révélé dans le cœur de ses disciples,

il faut qu’ils passent par un « sortir », qui va devenir un « entrer ».

Sortir de soi pour entrer dans le Soi. Ils en- trent dans l’intériorité du Christ.

Sortir, c’est désormais entrer.

Sortir de soi, c’est désormais entrer dans le dedans du Christ. Bref une sortie de soi à I’in- térieur de soi.

Comment cette sortie de soi qui est une entrée en lui se réalise-t-elle? – Par un « demeurer » qui est un « transiter ». Quel paradoxe!

Demeurer en lui (le Christ), comme il l’a souvent demai

Sous les palmes de sa vic- toire, le Chria bénit selon le

mode grec Marie Madelei-

ne somptueusement drapée et chaussée de pourpre. Elle tend ses mains nues pour le toucher, mais Il recule: «Ne me touche pas!».

Marie, humble, si- lencieuse et en retrait, com- me une moniale, avait dgà reconnu la Personne divine et avait recouvert ses mains de son voile pour éviter tout contact avec Elle. « Do-

minus illuminatio mea w, Ps. 26, 1. Elles sont l’image des deux nations anoblies par lafoi: «Lafoi anoblit l’un et l’autre peuple w dit Gillebert, abbé, disciple de saint Bernard, xrre S., Sermon xxvIr. A gauche, les soldats armés et casaués dorment, vaincus: « c e c i – derunt », « ils succombè- rentwj Ps.26:~Javiaincu le monde »,ln 16.33.

Cette mosaïque, comme

les autres qui illustrent ce

Billet Svirituel. avvartient à -**

l’église de l’abbaye bénédic-
tine Santa Maria *uova di
Monreale, près de Palerme,
édifiée selon le style cluni-
sien et décorée de qlendides
mosaïques d’après le plan iconographique établipar les théologiens bénédibins. L’abbayefutfondée par le roi de Sicile Guillaume rI le Bon, encore adoles- cent,assistépar sapieuse mèreMarguerite deNavarre,frlleduroideNavarre Garciarv,fils del’InfantDonRamireetd’Elvire,lajlleaînéeduCidetde Chimène des AAuries. Marguerite devint elle-même moniale bénédibine. Pour cettefondation, l’abbé de la vénérable abbaye bénédibine de la SS. Trinità di Cava de’ Tirreni, près de Salerne, le Bienheureux Benincasa, ami du Roi, envoya cent moines, qui arrivèrent le 2 0 mars 1176. Cas rarissime, l’abbaye de Cava de’ Tirreni a continué sa vie monacale bénédibine

comme un serviteur, enpar- tant il ne tourne pas le dos aux disciples. Il repose sur sept bandeaux, les cieux des cieux, Eccl. 1618-2. Derriè- re lui, l’ovale lumineux du Paradis devient, vers le cen- tre, le «pavement de saphir, semblable par sa pureté au ciel lui-même », que Moïse a

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