
Service aux oblats &
aux oblatures bénédictines
Le SOB : Le Service aux Oblatures Bénédictines est au servec de la spiritualité bénédictine qui tient dans un grand équilibre la prière, le travail et l'hospitalité. La formule latine "Ora et labora" est souvent prise comme devise dans la famille bénédictine.
La spiritualité bénédictine
La spiritualité bénédictine connaît un regain d’intérêt depuis quelques décennies, notamment chez les économistes, les sociologues, les dirigeants d’entreprises. On en souligne une originalité majeure : c’est la convergence entre vie intérieure et activité productive, souvent résumée par la formule latine « Ora et labora ».
Paradoxalement, les Oblatures bénédictines restent peu connues, restant traditionnellement dans l’ombre des monastères et dans la discrétion chère à Saint Benoît. Ce site dans sa nouvelle version, qui continue d’évoluer, se veut à la fois un espace de retrouvailles entre oblats, et un lieu d’accueil pour toute personne qui passe par là, et s’arrête en voyant un peu de lumière…
Edito
3 avril 2026
Nous, les apôtres …

C’est aujourd’hui Vendredi saint. Et dans cette dramaturgie, car c’en est une (qu’on relise, en particulier, la Passion selon Jean), quel rôle tenons-nous, nous autres oblats ? Celui des apôtres, évidemment. Nous qui avions décidé, il y a désormais quelques années, de suivre Jésus de Nazareth, nous qui avions, sinon tout quitté, du moins fait des sacrifices, pour Lui, nous L’avons abandonné, toute honte bue, il y a quelques heures. Alors qu’hier encore, nous fanfaronnions à qui mieux mieux que nous préférerions mourir plutôt que de continuer notre chemin sans Lui. Alors qu’aujourd’hui, nous sommes si fiers d’avoir été appelés par Jésus, d’avoir été acceptés dans la si grande, si riche famille de Benoit. A l’heure décisive, toutes les vanités se sont dégonflées comme les baudruches qu’elles étaient et nous sommes restés confrontés à nous même. C’est-à-dire : à pas grand-chose. Mon maitre, le père André GOZIER, aimait à dire que ceux qui sont satisfaits d’eux-mêmes sont satisfaits de très peu ; et il avait bien raison.
Qu’est-ce qui explique un tel effondrement ? D’abord la couardise, certes. Pas joli, mais humain. Or, si Jésus n’a jamais explicité en détail pourquoi Il nous avait appelés, nous plutôt que d’autres, ce n’est manifestement pas parce que nous possédions des qualités physiques, morales ou intellectuelles sortant de l’ordinaire. Mais tout de même, la peur n’explique pas tout, il y a aussi l’incompréhension. Les apôtres avaient suivi Jésus parce qu’il voyait en Lui un nouveau David, un nouveau Gédéon ; un héros, un libérateur doublé d’un Superman car tout, y compris la Nature, y compris la Mort, semblait obéir à Ses pouvoirs extraordinaires. Les occupants romains, si arrogants, n’avaient qu’à bien se tenir ! Un peu comme nous, apôtres du XXI° siècle, nous demandons ce que Dieu attend pour venir détrôner les Pilate et les Hérode de notre temps, pour établir la Justice sociale, supprimer la souffrance et le malheur, réparer la Création, si rudement mise à mal par la cupidité et la sottise égoïste des Hommes. Il est tout-puissant, oui ou non ?

Et que s’est-il passé, la nuit dernière ? Jésus s’est laissé arrêter, avec la douceur d’un agneau. Non seulement Il ne s’est pas défendu, mais il a rabroué ceux qui voulaient Le défendre, s’est moqué d’eux, même.
Soumis à toutes sortes d’avanies et de souffrances, Il va être condamné à une mort terriblement douloureuse. Et, sic transit gloria mundi, la même foule qui, dimanche dernier, L’acclamait à tout rompre, désormais Le conspue, réclame même Sa mort, à corps et à cris …
Non décidément, tout ceci est trop dur à comprendre, à accepter … Déjà, après le Discours sur le pain de vie (Jn 6, 52-66), la plupart des disciples étaient déjà partis. Allons-nous faire de même ? Certes, Il nous avait promis : « Plus tard, tu comprendras … (Jn, 13,7) »
Bernard Hautecloque, Oblat de Limon

















